Family Bandit

de Denis O'hara

Création 1994

Mise en scène : Valérie Jallais

Assistée de Anne Michenaud

Scénographie : Philippe Quesne

Assisté de Cyril Gomez Mathieu

Lumière : Jean-Michel Vanson

Costumes : Désolina Suter

Avec : Sandra Aliberti, Philippe Beauchamps, Dominique Chaix, Michel Cochet, Philippe Cohen, Bernard Forler, Valérie Judde, Florence Lannuzel, puis Fabienne Gotusso, Pénélope Perdereau


C’est l’histoire d’une mère

Qui a passé sa vie à attendre un homme,

Qui le quitte aujourd’hui

Parce qu’il a un enfant d’une autre…

C’est l’histoire d’un garçon, Djaz, qui fait sauter les ponts et qui a trouvé un plan superbe : faire payer le père ou faire sauter son usine…

Pour la révolution ? Pour l’argent ? Pour rien ?

C’est l’histoire de Nino-le-pédé, fils de boucher et de Kasse-pipe, le dynamiteur, les deux acolytes du grand frère. Copains ? Camarades ? Associés ?

C’est l’histoire d’un frérot qui n’a pas été désiré.

C’est l’histoire d’une soeurette, Léna, d’une sœur de sang, Jo, de Rose-la-toute fraîche, porteuse du bébé que toutes trois voudraient tant …

Mais où courent-ils tous ces hommes ?

Le complot échoue. Le père menace de tuer le fils. Copain Kasse-pipe exécute une pirouette : « La bombe, c’était une blague ! »…

Le père se suicide. La mère prie. Rideau ! 

 

Les neufs personnages qui se croient dans Family Bandit m’apparaissent comme de grands enfants qui transposeraient dans le cadre du jeu improvisé des phrases entendues, des situations vécues chez eux, des conflits intérieurs et des rêves d’ailleurs : signes de reconnaissance unissant la bande, rites de frères de sang, bandits et pistolets…

Cette pièce est une fable. Elle dit notre désarroi d’enfants oubliés, sacrifiés, sur l’autel du progrès, du confort et du plaisir, privés de dieux et d’utopies… Nous n’avons pas eu d’enfance parce qu’il fallait consoler nos mères, ne pas compter sur nos pères et apprendre à être des gagnants ou de voleurs. Aujourd’hui, nous en avons assez de jouer aux adultes que nous ne sommes pas et que nos parents n’ont jamais été.

C’est à ces enfants blessés que le spectacle donne la parole. Parés de tissus brillants, armés de poupées et de colts en plastique, ils se laissent prendre par un jeu qui les dépasse. Sous les rires et les cris perce une violence qui les mènera à la gravité et au silence.