Les Guerriers

De Philippe Minyana

Création 1993 - 1995

Mise en scène : Valérie Jallais

Scénographie : Philippe Quesne

Lumière : Jean-Michel Vanson

Costumes : Désolina Suter

Avec : Dominique Chaix, Michel Cochet, Bernard Forler, Valérie Judde

 

Trois hommes reviennent, une fois les combats terminés, sur le lieu où ils ont connu une femme, espérant la retrouver. Il y a Taupin "celui qui creuse", Wolf "celui qui erre", Noël, "celui qui transgresse" et puis Constance, à la fois mère et putain. Possédés par des souvenirs qui leur interdisent le repos, ils profèrent tour à tour le récit des événements qui les ont submergés, reconstituant le puzzle d’une histoire qui les dépasse.

Les personnages semblent convoqués là par l’urgence d’une parole qui les brule. Cette parole est délivrance, jubilation de dire, de tout dire. Elle révèle aux personnages le sens de ce qu’ils ont vécu, le sens de ce qui les a fait agir comme ils l’ont fait. Une fois cette parole épuisée, plus rien ne les appelle à la vie. Ils s’anéantissent en un simulacre de combat.

Constance repart seule, mais vers quel avenir ? 

 

Il faudrait arrêter de dire que la guerre est inhumaine. La Guerre n’est au contraire que trop humaine. Chaque homme porte en lui l’appel du meurtre, l’instinct guerrier. La guerre n’est pas seulement « horreur », elle est aussi liberté, folie, aventure, rupture avec le temps monotone du quotidien, du travail, du chômage, de l’ennui morbide dans lequel la masse est maintenue.

Il est dit dans certaines croyances que les hommes morts dans la fleur de l’âge conservent des attaches, des intérêts dans la vie terrestre et restent animés d’un désir intense de retour à la vie. Et si ces guerriers étaient déjà morts ? Des images se forment, celles de « corps fossiles », de « corps traces », qui n’auraient conservé que le souvenir de certains gestes, comme une mémoire de la matière, et sortant de ces corps pétrifiés, une parole en décalage, rapide, écho du désir palpitant qui emplit encore ces hommes.