Isabelle Eberhardt

Isabelle Eberhardt, notes et cahiers de route - Mélopée saharienne

D'Isabelle Eberhardt

Création 2008

Mise en scène : Valérie Jallais

Avec :

Valérie Jallais

Mohamed Rifi Saïdi : oud, contrebasse, percussions, guitare…

Michel Schick : clarinettes, saxophone, flûtes, ukulélé…

                        Lumières : Didier Malaizé                          

Costumes : Samia Sidlakhdar Krim


Le texte est construit comme une série de tableaux, de scènes prisent sur le vif. Isabelle Eberhardt écrivait pour le journal l’Akhbar, c’est à ce titre qu’elle fait un voyage dans le sud Oranais. En 1903, des troubles importants ont eu lieu à la frontière marocaine, le journal l’envoie pour y faire un reportage.

Très vite, cependant, l’écriture s’éloigne du factuel de ces évènements pour s’attacher à dépeindre la vie des ksars, les ambiances, les rapports qui régissent la société « indigène » et l’existence de tous ces soldats engagés sous les drapeaux français : légionnaires, spahis, mohaznis, tirailleurs. Déguisée en hommes, elle partage leur quotidien ; parlant arabe, elle se mêle à la population comme l’un des leurs.

D’une grande force poétique où l’art de l’écrivain rejoint souvent celui du peintre, le texte vibre d’un amour profond de cette terre et de son peuple. Derrière le bruit des fusils monte le souffle mystique d’un Islam fait de sagesse et de gravité.

Le spectacle est lui-même conçu comme un voyage. La scénographie organise une série de cubes et d’espaces qui sont chacun le temps d’une station, d’une vision, d’un fragment de vie.

La musique tisse le fil du voyage, elle relie les espaces et les fragments. Entre chaque texte, entre chaque station, la mélodie se développe, s’amplifie, se fait attente ou tourbillon. Elle est couleur, rythme de train, souffle de vent, attente autour du feu au camp des nomades.

La comédienne, comme une funambule, danse le voyage sur le fil de la musique. Et les mots se posent sur la mélodie, entre la mélopée et l’art du conteur. Les scènes revivent comme la réminiscence d’une vision.