Parc de l’Abbaye de Cluny (France)
16h57 (14h57 GMT)
Théo savait que Guillaume le suivait depuis qu’il avait quitté sa chambre et qu’il avait des questions. Il se dirigea vers les ateliers de l’école mais s’arrêta derrière un chêne. Guillaume le rejoint.
« Tu n’es pas très discret Guillaume.
- Ce n’était pas le but. »
La voix de Guillaume était froide. Théo sourit.
« Je ne peux pas t’expliquer Guillaume, et tu ne peux pas comprendre.
- Pourquoi as-tu dit que tu faisais partie du FRI Théo ?
- Parce que quoiqu’on m’ait injecté, ça a réussi à contrer les effets du Pentothal.
- Comment est-ce que je suis sensé te faire confiance après ce que j’ai vu aujourd’hui. Tu ne ressembles pas au Théo que je connais. »
Le sourire de Théo s’élargit devenant presque moqueur.
« Je ne suis plus le Théo dont tu sembles avoir une image naïve gravée dans ton esprit Guillaume. Ce que j’ai vécu… c’est facile pour toi, pendant que je suis en infiltration tu es de l’autre côté du micro ou de l’écran. Cardiff il y plus de deux ans, Carpentras l’été 2004 et l’opération avec Killian cet été. Ca m’a changé oui. »
Théo continua à avancer vers les ateliers, laissant un Guillaume abasourdi. Il ne se retourna pas. En passant dans un escalier que presque personne n’empruntait il fit pivoter le boîtier d’un système d’alarme pour laisser apparaître un trou dans le mur dans lequel il trouva le quatrième téléphone portable. Il le glissa dans la poche arrière de son jean. Il finit de monter les escaliers pour se retrouver au premier étage. Il vérifia que personne ne l’avait suivi avant de rentrer dans le CDI, la bibliothèque de l’école. Il entra son login et son mot de passe avant d’activer le programme FRIEND, il tapa à nouveau un mot de passe avant d’appuyer sur la touche entrée.
Le deuxième lecteur de disque n’existait pas sur aucun des postes, on ne voyait qu’un rectangle. Personne n’avait remarqué que sur ce poste le compartiment existait. Au moment où il avait appuyé sur la touche entrée, le compartiment s’était ouvert laissant apparaître une carte SIM. Il la prit et referma le compartiment avant d’éteindre l’ordinateur. En sortant il se dirigea au milieu du parking à moitié vide le traversa et monta ensuite au dessus dans une allée de tilleuls.
Il appuya sur la touche d’appel. Le mot Boyscout s’afficha sur l’écran du téléphone.
« Killian.
- C’est moi. »
Théo entendit un soupir de soulagement.
« Il t’a appelé.
- Oui.
- Je… je voulais m’excuser Killian.
- Hey… pas de problèmes kiddo…
- Tu m’avais prévenu que… ça arriverait. Au moins j’ai eu ma confirmation, je suis utilisé. Il y a eu l’enlèvement, je ne sais pas par qui et je ne sais pas ce qu’ils m’ont fait. Mon épaule est couverte par un hématome. Une drogue de synthèse qui comporte des traces de cocaïne et d’adrénaline. Un produit généré à base de cocaïne ça te rappelle quelque chose ? Et puis cette libération qui ne rime à rien, on m’utilise, nous le savions mais je n’aime pas ça.
- Théo je veux qu’au moment où tu sentes que tout dérape tu m’appelles pour qu’on mette en place la procédure d’extraction qu’on a mise au point.
- Killian j’ai toujours l’impression que tout va déraper. J’ai peur que Guillaume ou Frédérick ne découvre ce qu’il se passe. Je pense que le cas de Guillaume est réglé, c’était facile à faire, trop facile. Avec Frédérick ce sera plus difficile, il n’y a pas de passé affectif à briser.
- Théo, dès qu’il y a un problème, que tu as besoin de parler appelle. »
Théo resta silencieux un moment.
« Il faut que tu m’en renvoies trois. Et que tu changes le protocole de communication avec Kund, c’est plus sûr.
- Théo, promets-moi que tu appelleras.
- Si je dois appeler à chaque fois que ça ne va pas Killian…
- Kiddo, I know you better than you, despite the fact that you seem strong and you wanna stand alone in the middle of this storm; you desperately need the arms to hold you, the voice to reassure you, the shoulder to rest on. (1)
- Thanks Killian, I love you. (2)
- Love you too kiddo. » (3)
Théo raccrocha un sourire aux lèvres. Toute la pression, la tension, l’angoisse qui ruminait en lui s’était évanouie rien qu’avec le son de la voix de l’agent Killian. Il rentra vers les ateliers de l’école. Caché derrière un tilleul Frédérick avait entendu toute la conversation et regardait Théo s’éloigner.
(1) Petit, je te connais mieux que toi-même, malgré le fait que tu sembles fort et que tu te tiens tout seul debout au millieu de cette tempête; Tu as deséspérément besoin des bras pour te soutenir, de la voix pour te rassurer, de l'épaule sur laquelle te reposer.
(2) Merci Killian, Je t'aime.
(3) Je t'aime aussi petit.
Kiddo est un peu difficile à traduire justement, ce n'est pas vraiment "Petit", il
y a quelque chose d'affectueux, de tendre dans cette expression. Si quelqu'un a une bonne traduction...
Recommander - Publié dans : EM6 Team, Mission 1: Les deux côtés du miroir - Communauté : Les Joyeux Lurons



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