Exercice 43 - Titres de chansons Hubert-Félix Théfaine (Kildar/ soutenu par Dame Aga)

C'est un exercice sur le même principe que celui proposé par Michel et Gothikarti mais un peu plus "costaud" car cette fois ci il vous est demandé d'écire votre texte à l'aide de 35 titres de chansons du "grandissime" Hubert-Félix Thiéfaine !

Que ce soit en prose ou en vers importe peu, la seule "obligation" sera d'utiliser au moins 20 de ces titres sur les 35 proposés.
Bien sût nous n'avons rien contre le fait que vous utilisiez les 35 titres, ni contre celui que vous écriviez plusieurs articles avec des titres différents.

Allez bon courage à vous !

Les titres de chansons sont les suivants :

- je t'en remets au vent 
- l'ascenseur de 22h 43
- la cancoillotte 
- la fille du coupeur de joints 
- la fin du saint Empire Romain Germanique 
- la maison Borniol
- le chant du fou 
- première descente aux enfers par la face Nord

- La vierge au dodge 51 
- La mome kaléidoscope 
- Enfermé dans les cabinets (avec la fille mineure des 80 chasseurs)
- Dernière station avant l'autoroute 
- Rock autopsie 
- Autorisation de délirer
- Alligators 427

- 113eme cicarette sans dormir
- Narcisse 81 
- mathematiques souterraines 
- taxiphonant d'un pack de kro
- cabaret ste-lilith 
- une fille au rhesus negatif 
- exil sur une planète fantome

- Lorelei sebasto cha 
- Autoroutes jeudis d'automne 
- Ad orgasmum aeternum
- Les dingues et les paumés 
- Exit to chatagoune-goune
 
- Je ne sais plus quoi faire pour te decevoir 
- Amant destroy 
- Pulque, mescal y tequila 
- Droide song

- Demain les kids 
- Pogo sur la deadline 
- Un automne a Tanger
- 542 lunes et 7 jours environ
- Zoo Zumains Zébus


Errer humanum est


Tu dors paisiblement. Ce soir je te regarde dormir, ton torse se soulever et s'abaisser régulièrement. Tu ne t'es jamais douté de la raison pour laquelle je suis toujours réveillé avant toi. Tu ne t'es jamais posé la question, pourquoi certains jours le contact de ma peau est glacial, pourquoi tu n'entends pas mon coeur battre, pourquoi le temps n'affecte pas mon visage. Je souris, repousse une mèche de ton front innocent.


Le fait est que depuis la fin du Saint Empire Germanique je ne dors plus. Cette nuit là, alors que le feu se propageait dans une ville enneigée, le chant du fou m'attirait au Cabaret Ste-Lilith, à côté de la maison Borniol, là où l'on disait que les dingues et les paumés se retrouvent. Tu ne connais pas ces lieux, bien sur, ils n'existent plus. La môme kaléidoscope m'a accueillie avec son sourire aux mille reflets et ses yeux multicolores qui tournaient sans cesse.


Le piège s'est refermé. J'ai à peine senti les crocs s'abattre dans ma nuque. J'imagine que mon corps s'est écroulé sur le sol, qu'il a brulé dans l'incendie qui a emporté la ville. Je n'ai pas eu le droit à une Rock Autopsie, tous ces experts qui hantent vos télévisions n'existaient pas, la télévision n'existait pas. Pendant que mon corps était calciné, j'entamais ma première descente aux enfers par la face Nord. La vierge au dodge 51 m'attendait, elle a démarré sur les chapeaux de roue une fois que j'ai claqué la portière. Elle ne savait pas répondre à mes questions, elle n'est que la passeuse.


Nous nous sommes arrêtés  à la dernière station avant l'autoroute, le temps de laisser passer les convois de mathématiques souterraines qui congestionnaient la voie. Je me suis réveillé au niveau du panneau "Exit to Chatagoune-goune". Le nom m'a fait sourire, ce qui n'eut pas l'air de réjouir la conductrice.


C'est la sortie d'après que nous avons prise, elle m'expliqua qu'une autorisation de délirer avait été délivrée pour cette nuit, la plupart des âmes déchirées faisaient un pogo sur la deadline marquant l'entrée de la métropole Alligators 427. De telles autorisations, je le sais maintenant, sur toutes les cités infernales à proximité des Autoroutes jeudis d'Automne. Elle m'a déposé au pied d'un immeuble gris dans les murs étaient fissurés.


- Présente-toi à Narcisse 81, il s'occupera de ton cas.


La portière s'est ouverte, je suis descendu. A la réception une jeune femme m'a souri.


- Tu es là?


Je ne l'ai pas reconnue, me suis penché sur son badge. "Lorelei Sebasto Cha". Le nom ne me rappelle rien, elle ne semble pas s'en offusquer.


- Il t'attend.


Elle m'a montré la porte derrière elle. J'ai avancé, poussé la porte.  Il n'y avait que de la fumée. La voix stridente retentit.


- On peut dire que vous avez de la chance d'avoir été tué par un dégénéré. J'ai chassé cette nuit, jusqu'à me retrouver enfermé dans les cabinets (avec le fille mineure des 80 chasseurs), le problème est que c'est une fille au rhésus négatif. J'ai besoin de positif dans ma vie, euh pardonnez-moi, ma mort, enfin je ne m'étalerai pas sur mes problèmes impersonnels. Je vous donne un choix, très cher.


La jeune fille appeurée s'était avancée à travers les fumerolles.


- Restez ici, on torturera votre âme, entre autre joyeusetés, ou croquez la vie à pleine dents et remontez à cette surface grouillante de vivres et morrose.


Tu vois, tu dors là, innocemment. Tu as confiance en moi, mais tu n'imagines pas ce que je suis. Je t'ai rencontré il y a 542 lunes et 7 jours, le coup de foudre. C'était durant un automne à Tanger. Passion fulgurante... Pourtant je sais que ça va bientôt s'effriter, tu vas te rendre compte que tu vieillis et que je ne change pas sous les coups du temps. Tu vas être jaloux. J'ai déjà essayé de détruire ce que nous avons, être ton amant destroy, couchant sous tes yeux avec la fille du coupeur de joints, taxiphonant d'un pack de kro...


Je ne sais plus quoi faire pour te décevoir... Je sais qu'il faut que je parte, incessament sous peu, pour que ça ne te blesse pas autant que ça ne le ferait si nous restions ensemble plus longtemps. J'en suis à ma 113eme cigarette sans dormir ce soirn je ne dors plus depuis...


Je vais me glisser entre les draps, la fraîcheur du contact de ma peau va te réveiller, je ne me suis pas nourri ce soir. Tu vas sourire, nous allons nous embrasser, nous enlacer, lutter, nous rendre... et recommencer ad orgasmus aeternam.


Demain les kids feront couler la cancoillote sur leurs patates, je prendrai l'ascenseur de 22h43 pour Mexico, je me saoulerai en commandant Pulque, Mescal y Tequila essayant vainement de t'oublier.


Dans quelques siècles, si ton âme remonte à la surface tu me retrouveras peut-être en exil sur une planète fantôme,  enfermé dans un Zoo Zumains Zébus en train de maudire cette maudite Droide Song, la même tous les jours...


En attendant, je t'en remets au vent...



Samedi 5 juillet 2008
par Jim Dante publié dans : Parenthèses communauté : Ecriture Ludique
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