Jeudi 9 juillet 2009

De la douleur irradiait dans tous ses membres. La grimace qu'elle se sentait esquisser était souffrance. Elle s'attendait à se réveiller ligotée sur une chaise ou alors autre chose... Elle tenta de bouger ses mains. Elle avait la sensation que ses poignets étaient enserrés mais elle était libre de ses mouvements, la même sensation pour ses chevilles, ses pieds étaient pourtant capable de se mouvoir où bon leur semblait, enfin presque. Elle eut vite fait d'atteindre les limites du lit dans lequel elle était couchée. Cela la rassura.


Pourquoi était-elle dans un lit ? Elle ouvrit les paupières. La chambre dans laquelle elle se trouvait était plongée dans la pénombre. Quelques rayons de soleil filtraient dans les volets, assez pour que ses yeux puissent voir presque en noir et blanc là où elle se trouvait. Elle tourna sa tête sur la droite, elle ne pouvait pas tourner de l'autre côté. Dans son champ de vision un petit ours en peluche borgne était assis sur une chaise et montait la garde, soucieux. C'est alors qu'elle sut. Elle était dans sa chambre, chez ses parents. Elle se sentit soulagée... un moment... puis elle se rendit compte qu'elle aurait dû être à n'importe quel endroit sauf dans son lit. Elle aurait dû être ligotée sur une chaise dans un garage humide. Cela voulait dire que les occupants de la berline noire étaient peut-être ici, dans la maison de ses parents.


Elle essaya de se redresser dans son lit, mais elle sentit alors une vive douleur opprimer sa poitrine. Résignée, elle se rallongea et entreprit de respirer le moins violemment possible. C'est alors qu'elle entendit des voix dans la cuisine. Celle rocailleuse de son père, et l'autre presque chantante de sa mère. Ils se disputaient, cela voulait dire qu'ils étaient seuls. Elle avait beau tendre l'oreille, elle ne comprenait pas un traître mot de ce qu'ils s'envoyaient à la figure. Ils parlaient pourtant fort.


La fatigue se rappela à elle, aussi violemment que si elle venait de se prendre un panneau d'interdiction de stationner en marchant sur un trottoir. Elle ne chercha pas à lutter. Elle était dans son lit, ses parents étaient à côté et son vieil ours en peluche veillait sur elle. Elle s'enfonça dans un sommeil sans rêves. Si cela n'avait pas été trop douloureux elle avait même pu esquisser un sourire.

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