Jeudi 19 février 2009
Trois hommes autour d'une table. La discussion peine à s'engager. Je ne suis pas celui qui brisera la glace.
Quelque chose a du se briser pourtant. Il n'est jamais bon de discuter avec deux chirurgiens en blouse blanche, surtout quand vous n'en êtes pas un et que vous ne portez pas non plus de blouse
blanche. Je n'aime pas leurs mines sérieuses. Celui de droite est neurochirurgien, celui de gauche est chirurgien plastique. Curieux assortiment. Il me semblait que je ne voulais pas faire de
chirurgie plastique. A part si... à part qu'on ne prévoit jamais tout à l'avance. Pourtant je crois me rappeler que c'est lui que je suis allé voir en premier. Je ne sais plus pourquoi
maintenant. Je me souviens de l'arrogance glacée de son regard et de son visage si fier. Je me souviens que j'ai déjà vu de belles choses lutter derrière la pellicule de givre de ses iris, comme
en ce moment. Je sais aussi qu'on ne remarque pas ce genre de détail si on ne le connait pas. Je me souviens maintenant. Je ne l'ai pas contacté. Nous nous voyons presque tous les jours. Un ami.
Je m'entends prononcer son nom, comme dubitatif, légèrement angoissé. L'espace d'un instant j'ai oublié qui il était. Comment ai-je pu?
- Marc ?
Il me sourit. Quelque chose ne va pas. Il sourit de cette façon qui me fait comprendre qu'il sait quelque chose qu'il préférerait ne pas savoir. Il se retourne vers son collègue qui prend la parole.
- Monsieur, d'après les résultats des examens que mon collègue, votre ami, vous a prescrit, il semblerait que quelque chose vous ronge. Nous ne sommes pas encore sûrs de la nature de...
-Une minute, vous voulez dire que... j'ai un cancer ?
Je prononce ces mots en fronçant les sourcils. Je suis bien trop détendu pour avoir pu prononcer ces mots. Marc prend la parole.
- Non pas exactement. La comparaison tient cependant la route.
Je fronce les sourcils. Pourquoi ne peuvent-ils pas parler clairement ? Ils voient pourtant bien que je ne sais pas de quoi ils parlent.
- Nous devons opérer au plus vite avant qu'il ne soit trop tard. Vous comprenez.
Mon regard perdu fixe Marc. Mon seul point de repère ici. Il tape du poing sur la table. Je sursaute. Toute sa colère semble exploser sur son collègue.
- Bon sang mais tu pourrais au moins lui dire en quoi consiste l'opération, quels sont les risques, tu es conscient que tu ne sais absolument pas où tu mets les pieds?
Le neurochirurgien commence à pleurer. Je n'y comprends rien. Je devrais peut-être verser une larme. Mon visage reste sec. Ce neurochirurgien me semble bien fragile. A travers ses sanglots je commence à y voir plus clair. Ils vont m'ouvrir, mais comme ils n'ont aucune idée de l'endroit où se cache ce mal qui me ronge ils vont farfouiller en moi.
- Marc ?
Il me sourit. Quelque chose ne va pas. Il sourit de cette façon qui me fait comprendre qu'il sait quelque chose qu'il préférerait ne pas savoir. Il se retourne vers son collègue qui prend la parole.
- Monsieur, d'après les résultats des examens que mon collègue, votre ami, vous a prescrit, il semblerait que quelque chose vous ronge. Nous ne sommes pas encore sûrs de la nature de...
-Une minute, vous voulez dire que... j'ai un cancer ?
Je prononce ces mots en fronçant les sourcils. Je suis bien trop détendu pour avoir pu prononcer ces mots. Marc prend la parole.
- Non pas exactement. La comparaison tient cependant la route.
Je fronce les sourcils. Pourquoi ne peuvent-ils pas parler clairement ? Ils voient pourtant bien que je ne sais pas de quoi ils parlent.
- Nous devons opérer au plus vite avant qu'il ne soit trop tard. Vous comprenez.
Mon regard perdu fixe Marc. Mon seul point de repère ici. Il tape du poing sur la table. Je sursaute. Toute sa colère semble exploser sur son collègue.
- Bon sang mais tu pourrais au moins lui dire en quoi consiste l'opération, quels sont les risques, tu es conscient que tu ne sais absolument pas où tu mets les pieds?
Le neurochirurgien commence à pleurer. Je n'y comprends rien. Je devrais peut-être verser une larme. Mon visage reste sec. Ce neurochirurgien me semble bien fragile. A travers ses sanglots je commence à y voir plus clair. Ils vont m'ouvrir, mais comme ils n'ont aucune idée de l'endroit où se cache ce mal qui me ronge ils vont farfouiller en moi.
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Contact froid de la table d'opération. Lumière aveuglante. Marc est là. Je sens son regard glacé posé sur moi. Il est rassurant ce regard quand on le connaît. On me demande de décompter à partir de dix. Neuf. Huit. Sept... Je me sens partir. Enveloppé par la lumière braquée sur moi.
Contact froid de la table d'opération. Lumière aveuglante. Marc est là. Je sens son regard glacé posé sur moi. Il est rassurant ce regard quand on le connaît. On me demande de décompter à partir de dix. Neuf. Huit. Sept... Je me sens partir. Enveloppé par la lumière braquée sur moi.
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J'éloigne la main de mon visage qui me protégeait de ce soleil aveuglant. Le bruit du ressac. Les cris des mouettes. Et je te vois débarquer de ce voilier, la peau ambrée. Et ton sourire dirigé vers moi. Ton visage fin et ton regard chaleureux. Tes cheveux d'or. Je me réfugie dans tes bras chauds et je comprends. Mon visage s'embue de larmes. Il ne me reste plus beaucoup de temps avant qu'ils ne te trouvent et ne te retirent complètement de mon âme que tu continues à torturer. Je n'avais pas compris qu'il s'agissait de toi, charmant souvenir empoisonné qui est entré dans ma vie en un sourire et qui continue à parasiter la moindre de mes pensées. C'est donc toi qu'ils ne savent pas où trouver en moi et qui me ronge lentement de l'intérieur. Te dire au revoir une dernière fois parce qu'au réveil je serai enfin libéré de ton emprise et qu'au fond de moi je ne le veux pas vraiment. Quand je me réveillerai tu ne me hanteras plus... Jusqu'à la prochaine seconde où mes yeux s'accrocheront aux tiens... Jusqu'au prochain de tes sourires... Après quelques trop courts instants de feinte résistance...
J'éloigne la main de mon visage qui me protégeait de ce soleil aveuglant. Le bruit du ressac. Les cris des mouettes. Et je te vois débarquer de ce voilier, la peau ambrée. Et ton sourire dirigé vers moi. Ton visage fin et ton regard chaleureux. Tes cheveux d'or. Je me réfugie dans tes bras chauds et je comprends. Mon visage s'embue de larmes. Il ne me reste plus beaucoup de temps avant qu'ils ne te trouvent et ne te retirent complètement de mon âme que tu continues à torturer. Je n'avais pas compris qu'il s'agissait de toi, charmant souvenir empoisonné qui est entré dans ma vie en un sourire et qui continue à parasiter la moindre de mes pensées. C'est donc toi qu'ils ne savent pas où trouver en moi et qui me ronge lentement de l'intérieur. Te dire au revoir une dernière fois parce qu'au réveil je serai enfin libéré de ton emprise et qu'au fond de moi je ne le veux pas vraiment. Quand je me réveillerai tu ne me hanteras plus... Jusqu'à la prochaine seconde où mes yeux s'accrocheront aux tiens... Jusqu'au prochain de tes sourires... Après quelques trop courts instants de feinte résistance...
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Recommander - Publié dans : Voyages Nocturnes - Communauté : Les Joyeux Lurons
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