Violette trébucha en entrant dans la chambre d'hôpital, elle reprit son équilibre. Il n'y avait plus de lit, les appareillages étaient débranchés, sur le sol allongé, le corps d'un homme en costume cravate, la gorge entaillée profondément plusieurs fois, les éclaboussures de sang sur sa chemise blanche, sur le sol, quelques gouttes avaient même atteint
Devant une porte fermée Violette aperçut une chaise sur laquelle étaient pliés soigneusement un pull blanc à très fines mailles, un caleçon, un jean. Violette passa ses doigts sur le pull. Cela était si doux que l'on aurait pu croire qu'il était neuf, en réalité il était sûrement lavé avec Mir Laine en machine. Violette s'abaissa et renifla l'odeur du pull, la douce senteur de la fleur d'oranger la fit sourire.
Elle entendit une voix qui provenait de l'autre côté de la porte, elle approcha une de ses oreilles qu'elle colla à la porte.
« … ranger, tout va s'arranger, tout va s'arranger, tout va... »
Elle décolla son oreille de de la porte, intriguée. Cette voix la toucha. Elle espérait aussi que tout allait s'arranger. Puis ses yeux se posèrent sur le cadavre. Elle écarquilla les yeux et s'approcha de l'homme. Elle s'agenouilla à côté du corps et avec l'aide du poignard traça une ligne de sang sur la joue gauche de l'homme. Le sang fut absorbé dans la lame. Elle tourna alors son regard vers la porte. Son visage était redevenu grave, comme si elle était lucide.
« Le problème c'est qu'en général les choses ne vont pas en s'améliorant, peu importe que le pull soit neuf ou lavé en machine, peu importe s'il sent la fleur d'oranger. »
Elle ferma les yeux. Elle savait que le lendemain elle se réveillerait dans cette chambre d'hôtel, elle se demandait juste si elle se souviendrait de ce bref instant où elle avait été elle même et non une petite fille.
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C'est vous qui le dites!