Les larmes de T. avaient séché sur son visage laissant les traces de leurs sillons salés sur ses joues. Il fallait qu'il se calme, qu'il essaye de raisonner. Il sentait aux pulsations de son poignard que le moment approchait. Le moment où il devrait récolter l'âme d'aujourd'hui, la vingt-troisième.
En y réfléchissant bien, le rêve lui annonçait l'âme qu'il devait prendre, mais il n'avait jamais du vraiment chercher la personne qui était en train de la rendre. La porte de l'Hôtel du Vieux Passage s'ouvrait toujours au bon endroit et au bon moment, enfin pour lui. Il entreprit à nouveau de respirer lentement et calmement. Il était fatigué. Il se leva de son lit et se dirigea vers la salle de bain. Il fit couler de l'eau froide et s'en aspergea le visage.
Lorsqu'il fixa le miroir au-dessus du lavabo, il ne manqua pas de sourire à son reflet. S'il avait du se rendre à son bureau ce matin, Benoit son collègue, n'aurait pas manqué de lui faire remarquer qu'il avait une tête de mort-vivant, en l'occurrence c'était loin d'être faux.
T. sentit ses paupières tomber. Il avait lutté toute la nuit pour trouver le sommeil et maintenant que l'heure du départ était proche Morphée trouvait le moyen d'essayer de le prendre dans ses bras. Il secoua la tête pour se débarrasser de l'étreinte de celui qu'il avait attendu avec impatience durant toutes ces heures. T. n'aimait pas vraiment les gens qui étaient en retard à leurs rendez-vous et qui en plus ne prévenaient pas et ne s'excusaient pas. Sans un mot il laissa partir Morphée et s'asperger à nouveau la tête d'eau froide, ça ne pouvait pas lui faire de mal. Il aurait bien bu un bon café, bien serré.
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C'est vous qui le dites!