Il était une fois, dans un monde juste sur le seuil de l'Hôtel du Vieux Passage, une jeune femme adulée de tous. Ce ne fut pas toujours dans le cas... Aurore était née dans la banlieue d'une grande ville qui n'était pas Paris, non, il s'agissait de Lille. Lille est une ville qui n'avait aucun attrait pour ceux qui n'y avaient jamais mis les pieds, cela dit, la ville de banlieue dont venait Aurore n'avait par contre pas grand chose d'intéressant, tout le monde connaissait tout le monde.
Sa vie changea le jour où Marianne la bonne fée, directrice de casting pour une chaîne de télévision, la découvrit, telle un diamant brut qui ressemblait à un morceau de verre et à faire briller de mille feux sous des projecteurs et les caméras dans un appartement géant dans lequel elle serait parquée avec une dizaine d'autre jeunes gens pour trois mois.
Semaine après semaine, des activités pseudo-ludiques étaient organisées pour tromper l'ennui. Mais pour ne rien vous cacher, le bon peuple qui assistait à l'émission aimait les voir s'ennuyer, comploter, trahir, coucher. Aurore n'était d'ailleurs plus une pauvre fille venant de a banlieue de Lille était maintenant une stripteaseuse dans une boîte de nuit à Saint-Tropez sous le doux pseudonyme de Satine, elle avait d'ailleurs du désapprendre à parler français.
Chaque samedi un saltimbanque à clochettes sponsorisé par une grande marque de dentifrice, présentait un prime-time pour demander au bon peuple d'envoyer des SMS surtaxés afin de séparer le grain de l'ivraie. Aurore la stripteaseuse de Saint-Tropez à qui la presse people venait de trouver un enfant caché fictif était devenue la princesse préférée des conversations de cour de récréation ou devant la machine à café.
Ce fut donc sans surprise qu'Aurore devint la reine élue par le bon peuple, elle gagna une villa sur la Côte d'Azur et ne prit plus jamais contact avec ses vrais et gris parents de la banlieue de Lille, vivant de fausses révélations dans les magazines, des sorties d'album au goût musical douteux, d'autobiographies inventées et de petits rôles plus ou moins bien joués dans les téléfilms produits par Marianne la bonne fée.
Ce dont Aurore ne pouvait pas se douter, c'est que dans tout conte de fée, il existe une méchante sorcière, et qu'en général les princesses de la réalité ne s'en relèvent pas.
Violette se réveilla tranquillement, en se demandant si la princesse aimait manger de la barbe à papa. Elle sourit en s'étirant et décida pour bien commencer la journée que oui, la princesse aimait la barbe à papa.
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