William regardait le corps de T. alimenté par le respirateur et les perfusions de sérum physiologique. Lentement son torse se soulevait et descendait. La nuit était tombée sans qu'il ne s'en rende compte, il avait passé tout son dimanche après-midi à le regarder en silence, sans prononcer un seul mot.
Il s'était habitué aux bruits des machines. La chambre était devenue un endroit de paix. Il avait besoin d'être là, comme si la présence organique de T. allait l'aider. Il aurait voulu que T. lui dise s'il fallait le laisser branché au respirateur ou non. William se redressa et s'approcha du lit, il prit une des mains de T. et la serra dans une de ses mains.
Le visage endormi avait l'air si paisible. On n'y voyait plus aucune trace de l'accident qui l'avait amené là. Sans le contexte et ce tuyau qui rentait dans sa bouche on aurait pu croire qu'il dormait tranquillement, qu'il pouvait se réveiller d'un instant à l'autre. William regarda les douces et fines lèvres de T. Il passa ses doigts sur le front de son ami. Il se pencha un peu plus sur son visage vers celui de T. quand la porte s'ouvrit.
Un jeune infirmier, blond, aux yeux bleu clair, lui annonça en souriant doucement que les heures de visite étaient maintenant terminées William se redressa vivement et s'excusa. Il eut alors plus le temps de voir le visage de l'infirmier. Il lui semblait qu'il l'avait déjà vu quelque part. Il se dit qu'il était idiot, il l'avait sûrement déjà croisé dans l'hôpital. Il regarda le nom sur la blouse. Sean. Cela lui laissa une légère impression de déjà-vu.
Alors qu'il s'apprêtait à sortir de la chambre, il se rendit compte que quelque chose avait changé. Le rythme cardiaque, les bips étaient plus lents. Il se retourna inquiet vers T.
« Euh... Sean... je crois que le cœur de Yann Fraix est en train de ralentir. »
Sean posa sa main sur l'épaule de William.
« Ne vous en faites pas Monsieur, cela arrive souvent. Je vais prévenir un médecin au cas où. Il faut y aller maintenant Monsieur. »
Le contact de la main de l'infirmier sur son épaule était chaleureux, cela rassurait même William. Il eut l'impression d'avoir déjà senti ce même contact. William se résigna à sortir de la chambre alors que Sean s'approchait de T.
« Ne vous en faites pas Monsieur T., je m'occuperai bien de William. »
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