Dimanche 22 octobre 2006 7 22 /10 /2006 00:00

Est-ce que tu penses ce que tu dis ? Sais-tu à quel point ça fait mal d’entendre ça ? Sais-tu qui je suis ? Cette question est stupide, comment peux-tu savoir ce que moi-même je n’ai pas encore appris de moi ? Tu n’as pas eu de père, de modèle et en cela je comprends tes réactions, tes problèmes. Tu n’as pas eu de référence pour m’élever, me faire grandir, mais vois-tu les références que tu me donnes ?

Pour toi, le fait que mes résultats en cours chutent, parce que je regarde Bichette à la télé, parce que je fais partie de l’atelier d’écriture, te fait hurler de tout ton corps, mais tu l’as tu. Peut-être que cet atelier me permet, me permettait de m’exprimer, de montrer aux autres cette partie de moi que je connais, que je découvre. La connais-tu au moins cette partie ? Sais-tu ce que je ressens lorsque je suis en face de toi et que tu me parles si froidement ? Mais tu restes celui qui m’a élevé, tu es mon père, je suis ton FILS. Alors pourquoi ces mots ? Et je suis seul à réfléchir, assis dans ma propre tête regardant tout ce qu’il s’est passé entre nous, je ne vois à l’écran que des conflits, des disputes, des brimades, des coups parfois. Pourtant je sais que nous avons de bons souvenirs en commun, je sais que nous avons vécu ensemble des périodes heureuses. Mais je n’arrive plus à les trouver, à les discerner, ils sont dans le brouillard de tes cris, des miens, de mes larmes, de ta déception.

Tu veux me faire vivre dans des conditions que je ne peux pas supporter, tu me proposes de vivre dans une prison, la maison, la chambre, le lycée, la piscine, mon corps. Les gens que je vois sont peu fréquentables, sais-tu combien de gens je, ou plutôt, ils sauvent ? Je ne suis d’ailleurs plus très sûr d’être humain. Ce soir je m’en vais, d’une manière ou d’une autre je pars. Pas pour te faire mal, pas pour faire mal à Maman ou à Nathalie. Tu vois, je m’en vais, mais je suis toujours ton fils, je suis encore là pour l’écrire. Tu penses que je ne me remets jamais en question mais es-tu télépathe ? Sais-tu à quel point je doute ? Sais-tu toutes les questions qui restent bloquées dans ma tête ? Sais-tu ce que je dois supporter la nuit quand vous dormez paisiblement ? Tu me répètes que j’ai passé l’âge de regarder Bichette, que les vampires n’existent pas. As-tu songé une seule fois que tu pouvais avoir tort ? Si les vampires existaient ? Certes ceux que Bichette tue ne ressemblent en rien à ceux qui existeraient mais penses-y, pense aux horreurs que je vis chaque nuit.

Je pars parce que je pense que tu ne me comprends pas, peux-tu le faire ? Je dois te garder hors de ma vie nocturne, pour ton bien. Ton rôle de père en est quasiment floué, tu perds tes repères peut-être ? Les miens se sont tous effondrés en même temps. Pour tout le mal que j’ai causé, que je provoque, que je vais engendrer, je m’excuse, c’est tout ce que je peux faire. Au Revoir. Je t’aime, je vous aime.

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