Au lieu de te réfugier dans ton monde imaginaire tu ferais mieux de faire tes affaires.

 

La voix était sèche et froide, Jim frissonna, il se demandait où il était.

 

Ah ça tu aimes bien faire sauter une journée de cours pour aller à ce soi-disant atelier d’écriture. Pour rester allonger toute la journée et se gaver de chantilly que vous mangez à même la bombe, ça la paresse, c’est ta matière préférée non ? Te faire du lard, grossir. Et écrire quelques textes ineptes et inintéressants au possible. C’est un truc de gonzesse ça. Et tu t’étonnes après de tes résultats à la piscine et en cours ?

 

Pourquoi tu dis ça ? Tu ne les as même pas lus. Heureusement que tu ne sais rien de mes projets de roman. Pourquoi est-ce que je n’arrive jamais à te répondre lorsque tu me descends de la sorte ?

 

Une gifle siffla dans l’air. Jim se massa la joue. Le noir était toujours aussi complet.

 

Tu ne penses pas que tu n’as rien de mieux à faire. Tu n’es qu’un pauvre gamin ! Tu te rends compte de la chance que tu as ? Pouvoir aller au lycée, à la piscine, non pour me remercier tu restes avachi dans le canapé pour regarder cette série stupide. Une blonde avec un nom ridicule qui tue des vampires. Mais revient sur terre ! Les vampires ça n’existe pas ! Tu pourrais au moins nous aider à ramasser les feuilles mortes, plutôt que de t’empiffrer comme un porc devant ces débilités.

 

Je suis un minable, c’est ça que tu essayes de me dire ? Tu as sûrement raison, je reste là, la tête baissée, m’excusant, je suis minable, alors puisqu’il en est ainsi, après tout, pourquoi pas ? Je te suis inutile, à toi mon père. Alors à quoi bon ?

 

- Jim suis moi, tu dois te sortir de ce marasme.

- Hortheac ?

- Suis-moi Jim, réfugie-toi ailleurs, pas ici.

- A quoi bon ? Ca ne sert à rien de toute façon.

- Si ça ne sert à rien, tu ne perds rien à me suivre.

- Certes.

 

Jim était complètement abattu, il ne savait pas où il allait, il ne savait pas où il était, et il ne savait plus quoi penser de son père. Son père ne l’aimait pas où peut-être que si. Pourquoi ne lui avait-il jamais dit dans ce cas là ? Pourquoi était-il cet être sévère et froid qui ne lui adressait la parole que pour le mettre au plus mal ? Les séries télé étaient un plein réservoir de familles certes pas parfaites mais qui au moins avaient l’avantage d’être heureuses. Les pères y admettaient ouvertement leurs erreurs, et arrangeaient les choses, même si cela prenait du temps. Les pères donnaient envie d’être aidés. Les pères et les fils parlaient ouvertement de choses dont Jim n’aurait pas imaginé que la discussion était possible avec le sien.

Samedi 30 septembre 2006
par James Emmanuel Dante publié dans : La Lune Bleue, Cercle Premier: Le Flux Sombre
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