Journal de Jim Dante
Jeudi 23 mars 2000
Je ne dors plus, je ne peux plus supporter ces images. Pourquoi, pourquoi, POURQUOI ? J’ai fait quoi pour mériter ça ? J’ai peur, peur tout seul, lorsque je me réveille j’ai peur. Des larmes coulent sur mes joues, je tremble. Frédéric m’a dit que je parlais pendant mon sommeil, que je m’excusai en gémissant. J’ai honte, tellement honte, il doit avoir pitié de moi.
L’eau, pourquoi m’agresse-t-elle ? D’habitude je me sens bien lorsque je nage, lorsque les courants glissent sur ma peau. C’est paradoxal, j’ai moins de souffle que la plupart des gens, mais la plupart des gens ne goûtent pas ce que je goûte dans l’eau, seul et entier.
Entier… Tout cela n’est qu’éphémère, dès que je sors de l’eau, dès que les autres sont là, l’angoisse, la peur reprend. Si l’eau commence à me trahir il ne me reste plus rien. C’est ridicule il me reste des gens, Frédéric, Olivier, Elodie, Eileen… Mais même avec eux il y a cette zone d’ombre dans mon cœur, ce sentiment de solitude. C’est de ta faute, tu es si possessif, tu voudrais que je t’appartienne même lorsque je suis loin de toi. C’est bien toi qui a construit ces murailles autour de mon cœur, n’est-ce pas ? Cette barrière qui m’empêche complètement de communiquer avec les autres. Mais des brèches commencent à fissurer ces remparts.
Olivier, comment est-ce possible qu’il existe une personne au monde capable de me comprendre aussi bien, qui interprète aussi bien mes textes ? Il est tellement… Je n’arrive pas à trouver les mots justes pour décrire ce que je ressens quand il est là. Mais qu’est-ce que je peux être mièvre ! Ecrire des stupidités pareilles, vraiment ! Je ne suis pas dans Dawson…
Mais même cela devient inutile, les images du rêve m’empoisonnent, m’envahissent, m’asphyxient, bientôt je ne serais plus assez fort pour m’accrocher.
C'est vous qui le dites!