Plage de Brighton
« Que se passe-t-il Olivier ?
- Je voulais juste te parler, tu restes toujours si renfermé sur toi, même tout à l’heure tu semblais si seul. »
Jim observa un moment de silence.
« Je ne sais pas, comment est-ce que je devrais agir, paraître… C’est difficile, je mens sans cesse aux autres, je dois toujours tout cacher, finalement moi aussi je ne suis qu’un des pauvres minables qui vivent en manipulant les autres.
- Pourquoi leur as-tu menti ?
- Pour me cacher, pour rester invisible.
- C’est faux, ils te mentent pour te manipuler, si tu mens à tes amis, j’espère au moins que c’est pour les protéger. »
Jim sourit tristement.
« Pourtant je n’ai aucune identité secrète, pas de costume ridicule. C’est grotesque. On croirait que je suis le héros d’un comics bâclé, d’une mauvaise série télé ou du brouillon du premier roman d’un adolescent dépressif qui essaye de pimenter sa pathétique et banale existence en écrivant ce torchon trop mauvais pour être jamais publié.
- Tu as tort tu es là, et même si tu avais raison, dans tous les cas, bats toi. Je suis là moi, je te vois et constate ta réalité, tes décisions, tes prises de conscience. Qui pourrait être aussi atteint pour créer un héros aussi compliqué que toi ?
- Tu es peut-être aussi l’une des créations de ce pervers polymorphe.
- Tu aimerais ça n’est-ce pas ? N’être que le jouet, l’instrument d’un créateur, mais tu es libre Jim, il te suffit de le décider.
- Si seulement c’était aussi simple.
- Il n’y a que toi qui t’impose ces barrières. »
Jim rejoignit Olivier au bord de la mer, il s’assit sans dire un mot. Olivier s’assit à côté de lui, attrapa quelques galets et les jeta à la mer.
« S’ils pouvaient comprendre qui je suis. Un Tepes, pire que ça
- Et cela vaut mieux pour toi, comme pour eux. Ce n’est pas facile je sais, mais je suis là pour t’aider. Je ne suis qu’un Tepes, je n’ai pas conscience de tout ce qui pèse sur tes épaules, mais je peux essayer de l’imaginer. »
Jim lui sourit.
« Tu peux essayer. »
Olivier resta muet, il ne voulait pas s’aventurer sur un terrain glissant. Jim acheva la conversation.
« Il faut que je te laisse, je suis crevé. »
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