Journal de Jim Dante
Lundi 20 mars 2000
Si l’écriture n’est pas correcte c’est que je suis dans le bus qui nous amène à Brighton. Désolé donc pour l’illisibilité des mots qui ne sont destinés qu’à moi-même. Elodie tout à l’heure m’a prouvé sa valeur, qui suis-je pour qu’elle ait à me prouver quoique ce soit d’ailleurs ? Elle est si étrange, elle sait exactement où sont les limites de ma puissance, d’après ce qu’elle dit je serais plus puissant après ce soir, mais je ne sais toujours pas ce qu’il doit se passer ce soir, pourquoi n’aurais-je plus besoin de qu’elle me soigne après ce soir ? Je suis libre parce que je suis loin de chez moi mais tout porte à croire que je suis prisonnier d’une destinée qui a été choisie par d’autres pour moi. On me mène dans un labyrinthe dont tout le monde connaît l’issue sauf moi. Je ne cesse de me débattre dans une immense toile d’araignée, c’est du moins l’impression que j’ai.
Qui sont ces êtres de l’ombre qui ne cessent de me montrer, de me faire avancer là où il faut que j’avance ? Je croyais m’être libéré en naissant dans ce monde dans le quel il me reste tout à découvrir, que je pensais pouvoir faire évoluer à ma guise. Si ce monde n’était que le refuge que je me suis construit ? Si tout cela n’était issu que de mon imagination, créant des personnages, des créatures, des monstres et des histoires avec des personnes existant déjà ? Je deviens fou à cause de la pression qui m’étouffe chez moi, donc j’invente ces hommes de l’ombre qui me manipulent, ces formateurs qui m’enseignent à me battre, des talents, des dons, des pouvoirs qui me rendent plus sûr de moi. Je m’invente un frère pour combler ce qu’il m’a manqué chez moi. J’ai sûrement trop regardé Bichette ou trop d’autres séries minables à la télé, tout n’est sûrement qu’une illusion que je crée tout seul, un monde plus cruel qu’il ne l’est mais dans lequel je sui plus fort, dans lequel je suis nécessaire. Si ce n’est qu’une illusion, ça ne fait rien, je m’y sens mieux que dans la réalité.
C'est vous qui le dites!