Nicolas était rentré su repas du soir. Il était assis en tailleur sur le canapé devant sa table basse, en face de lui Hugo lisait les mêmes polycopiés que lui. Il bâilla et s'étira.
« Tu veux un thé ? »
Hugo acquiesça visiblement très concentré.
« C'est pas possible, il peut pas nous interroger là-dessus, on ne l'a vu qu'une fois dans un exo foireux ! »
Nicolas haussa les épaules en remplissant la bouilloire électrique d'eau. Quand il la posa sur le socle et appuya sur le bouton il se retourna vers Hugo.
« Tu sais bien que oui voyons, les autres l'ont eu à leur test, y a pas de raisons qu'il nous l'épargne.
- Et si on allait chez lui et qu'on brûlait sa caisse, il pourrait pas venir demain, le test serait reporté ! »
Nicolas sourit à cette suggestion. Il aurait pu proposer à Hugo d'effacer la mémoire du prof en question. La bouilloire émit un bruit diffus, un peu comme s'il pleuvait dehors.
« Il n'y a rien que nous puissions faire pour empêcher ce test Hugo, alors autant réviser pour sauver les meubles. »
Des glougloutements se firent clairement entendre, annonçant que l'eau bouillait. Il versa l'eau dans deux mugs. Les sachets de thé vert commencèrent à infuser quand quelqu'un frappa à la porte. Nicolas la regarda intrigué.
« Tu attendais quelqu'un ? »
Hugo remettait son écharpe en regardant Nicolas répondre non de la tête, s'approcher de la porte et l'ouvrit. Ses yeux s'écarquillèrent.
« Papa ? »
Nicolas se recula pour laisser entrer son père. Il se tourna vers Hugo.
« Tu peux nous laisser un moment ? »
Hugo se releva, rassembla ses papiers et prit une tasse de thé sur le rebord de l'évier.
« Pas de problèmes ! Monsieur Longini. »
Il pencha la tête pour saluer l'homme qui venait de rentrer. Une fois Hugo sorti, le père de Nicolas soupira et s'assit dans le canapé.
« Tu vois tu t'es fait de nouveaux amis... »
Nicolas leva les yeux au ciel.
« Papa, ne commence pas avec mes amis.
- Pourquoi portait-il une écharpe, ton appartement est suffisamment chauffé. »
Nicolas secoua la tête.
« Qu'est-ce que tu fais là Papa ?
- J'ai une affaire à régler dans le coin, je pensais te rendre visite et t'inviter à dîner.
- J'ai déjà mangé.
- Mais enfin il n'est que huit heures moins dix !
- Le service de la cantine commence à sept heures moins le quart et comme je ne pensais pas manger ailleurs. »
Un silence gênant s'installa. Si gênant qu'aucun ange n'aurait eu l'idée de passer à ce moment là, on l'aurait tout de suite remarqué.
« En faisant la route jusqu'ici, j'ai repensé aux funérailles de ta grand-mère et à l'héritage... »
Nicolas haussa un sourcil, il ne pouvait pas manquer de remarquer que les mains de son père se tordaient mutuellement.
« Ta grand-mère ne t'aurait rien laissé d'autre par hasard ? »
Nicolas jeta un œil furtif vers le tiroir de son bureau. Il espéra que son père n'avait pas remarqué ce réflexe.
« Non pourquoi ?
- Pour rien... parfois elle débloquait un peu tu sais... »
Nicolas s'humecta les lèvres. Ce que disait son père n'avait aucun sens. Il partait à la pêche donc il savait quelque chose.
« Au fait tu savais que Maman projetait de revenir en France ? »
Son père était visiblement surpris.
« Non... enfin tu sais qu'elle ne me préviendrait pas si elle le faisait. »
Il jeta un coup d'œil sur les papiers qui étaient étalés sur la table basse.
« Je vois que tu as du travail, je vais te laisser. Je suis là pour quelques jours, on se revoit plus tard ? Bonne soirée !
- Bonne soirée papa. »
Nicolas fit la bise à son père et le regarda quitter le studio. Une fois la porte fermée il prit sa tasse de thé et en but une gorgée. Il grimaça, il fallait qu'il rajoute un peu de sucre dedans.
∞
Bises
Pendant le jour d'avant (le jour d'avant l'accident au cours duquel T./Yann s'est fait renversé par une voiture et plongé dans le coma) T. a écrit une lettre à Nicolas, une lettre qui faisait part de la fragilité de l'amitié entre eux, du à une certaine dispute...
Au cours des jours qui ont suivi, on a pu remarqué que cette dispute aurait à priori été provoquée par le père de Nicolas...
La grand mère de Nicolas est morte à l'hôpital, et T. a récolté son âme, comme la première âme du pacte des 100. Il faut savoir qu'étrangement quand le corps de T. est dans le coma, T. réside aussi dans le très étrange Hôtel du Vieux Passage, duquel il envoit des lettres à Nicolas tous les jours, comme pour conserver un lien avec le monde des vivants (puisque lui est entre deux mondes du fait de son coma).
Le plus étrange c'est que Nicolas reçoit ses lettres, et après beaucoup de doutes, il obtient la certitude que ces lettres sont légitimes, que T. communique avec lui (même s'il est à l'hôpital dans le coma). par ces lettres...
La grand mère de Nicolas, lui laisse cependant en héritage sa part, plus une part secrète, dont le père n'a pas connaissance. Il va chercher cette part secrète dans une banque en suisse, il s'agit d'une grande enveloppe de papier kraft encore clôse, et de la clé de la chambre 125 de l'Hôtel du Vieux Passage (chambre dans laquelle réside en ce moment T.) Cette clé dans le monde des vivants remet en cause beaucoup de choses, comme tu peux l'imaginer...
La réapparition du père de Nicolas dans ces circonstances est un mauvais signe, et ses motivations sont plus que douteuses... puisqu'il est apparemment au courant que son fils lui cache des choses... (à suivre aussi donc...)
En fait, je me disais que de temps en temps, tu devrais faire un petit récapitulatif des épisodes importants pour ceux qui ne peuvent pas tout suivre au jour le jour...
Sans tout dévoiler, bien sûr ! Juste un "fil conducteur " pour ne pas se perdre... à consulter quand on revient après une absence si on ne peut pas tout lire... :)
OK pour la suite... :)
Bonne journée Quichottine, et à bientôt!
Bises