Exercice 42 proposé par Virginie Edensland
A partir de la courte phrase "IL ETEINT LA LUMIERE (...) ET FERMA LA PORTE LENTEMENT (...)", il s'agit d'écrire un texte qui viendra s'insérer dans les ... (il y a donc deux parties à écrire), en
incluant les 7 mots suivants (les verbes peuvent être conjugué, comme toujours) :
fenêtre, vent, changer, rester, ramasser, corné, dehors.
Le but est de developper le plus possible... sans que cela devienne lourd pour autant.
Abîme
Il éteint la lumière. Ses paupières lentement se rabattent sur sa vision. Lorsqu'elles s'ouvrent à nouveau les
rayons de soleil frappent son visage. Il aurait du pleuvoir. C'est ce qu'ils avaient annoncé à la télévision la veille. Il aurait préféré le son répétitif des gouttes de pluie tapant sur le
carreau de la fenêtre plutôt que la douce chaleur qui le traversait.
Il se redresse lentement. Quitte la froideur du carrelage de faïence blanche. Il est nu. Cela n'a aucune importance à ses yeux. Il ne comprend pas. Les murs sont nus. Sa chambre est vide. Il a
dormi à même le sol et pourtant, lorsqu'il a appuyé sur l'interrupteur, hier après l'annonce de la météo, il était confortablement installé au chaud, dans son lit. Quelque chose a changé.
Il n'y a plus rien, juste des pièces vides et lui.
Il a beau avoi dormi sur le sol, il n'a pas mal au dos. Il se dirige vers la vitre. Dehors il n'aperçoit rien. Il est ébloui par ces rayons de chaleur. Il ne s'inquiète pas. C'est étrange cette
sensation. Il sait que cela n'est pas normal, pourtant il est calme. Découvre la nudité de ces lieux sans être surpris par la sienne. Ses pas le dirigent, il ne réfléchit pas vraiment à sa
direction. On pourrait croire qu'il est poussé à avancer par une volonté supérieure, une force invisible où je ne sais quel concept qui émoustillerait votre imagination, mais non, il avance parce
qu'il avance.
Devant lui un choix se présente. Il peut rester, ici dans ces lieux vides et continuer à errer seul entre ces murs, avec cette sensation sereine qui l'enveloppe. Il peut sortir, essayer de
découvrir cet ailleurs qu'il n'a pas pu discerner à travers les carreaux de verre. Il appuie sur la clenche de métal, pousse la porte, sort et ferme la porte lentement.
Dehors le vent frois l'assaille. Des millions de grains de sable sont projetés contre sa peau. Il pose sa main devant ses yeux pour les protéger. Il se retourne, cherche de la main cette
porte qu'il vient de clore. Elle n'est plus là. Il ne la sent plus. Et les particules abrasives continuent d'entamer sa chair.
Tout s'arrête. La violence cesse. Les grains restent en suspension dans l'air, immobiles. Lentement il ose soulever la main qui couvre ses yeux. Il observe, lentement, l'étrange paysage qui
l'entoure. Une mer de sable blanc, calme. Il ne saigne pas mais sa peau est rougie. Il sent encore la brûlure sur sa peau. Quelques herbes folles à certains endroits. Trop rares.
Les grains ne sont pas seulement sous ses pieds ou coincés dans ses cheveux et poils. Ils flottent, comme emprisonnés par l'air. Des battements d'aile. Il lève les yeux vers le ciel, gris,
uniforme, vide.
Pourtant les battements persistent. Il avance vers ces bruits. Les seuls qu'il entend depuis qu'il s'est réveillé. Là-bas, coincées sous une pierre grise, les ailes cornées d'un livre
s'agitent. Il s'approche, repoussant sur le côté les grains de sable qui sont sur son chemin. Les pages semblent de plus en plus s'affoler à l'approche de l'homme. Il se penche pour le
ramasser. Les pages s'immobilisent, se plaquent.
"...Il éteint la lumière. Ses paupières lentement se rabattent sur sa vision. Lorsqu'elles s'ouvrent à
nouveau les rayons de soleil frappent son visage. Il aurait du pleuvoir..."
C'est vous qui le dites!