Mercredi 21 mai 2008
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16:00
Exercice 40: Proposé par Michel-Faux Rêveur et Gothikarti
C'est un exercice un peu plus corsé qui vous est proposé cette fois, pour fêter le 40ème exercice de la communauté. En effet, il vous est demandé de réaliser à l'aide de 30 titres de chansons du
groupe Indochine (ou de l'album solo de Nicolas Sirkis - leader du groupe) ce dont vous avez l'habitude sur base d'une liste de mots, et donc d'écrire un ou plusieurs textes dont le genre, le
thème, la longueur, ne dépendent que de vous !
Plusieurs variantes de cet exercice sont proposées pour satisfaire tout le monde. Ainsi, vous aurez le choix entre :
a) écrire un texte avec au moins 20 des 30 titres.
b) écrire deux textes (ou un texte en deux parties), chaque texte / partie devant comporter 15 des titres, l'ensemble contenant tous les titres SANS REPETITIONS.
c) écrire trois textes (ou un texte en trois parties), chaque texte / partie devant comporter 10 des titres, l'ensemble contenant, comme pour la variante b, tous les titres SANS
REPETITIONS.
Merci de bien vouloir préciser en publiant sur vos blogs à quelle variante vous répondez.
Découvrez les titres de chansons ci-dessous
Leila
A l'est de Java
Des ombres sur l'O
3 nuits par semaine
Le train sauvage
La chevauchée des champs de blé
La machine à rattraper le temps
Une maison perdue
Punishment Park
Soudain l'été dernier
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Les plus mauvaises nuits
La colline des roses
Savoure le rouge
Sur les toits du monde
La main sur vous
D'ici mon amour
Candy prend son fusil
Drugstar
Les silences de Juliette
Petit Jésus
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La nuit des fées
Un singe en hiver
J'ai demandé à la lune
Anne et moi
Le seigneur des toits
Entrez dans le rêve
Les portes du soir
Alice et June
Aujourd'hui je pleure
Justine à l'heure dite (*)
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* à noter pour les fans du groupe qu'il ne s'agit pas là du titre exact de la chanson d'Indochine, qui est "Justine", mais bien du titre d'une des nouvelles de "Mauvaises nouvelles" (recueil de
Nicolas Sirkis) et inspirée de la chanson.
Je suis depuis longtemps celui qu'on ne voit pas. Je suis bien là pourrtant, mais leurs regards n'effleurent
plus les frontières de mon corps. Je suis le seigneur des toits de Punishment Park comme elles s'amusent à appeler cette pension à l'est de Java dans laquelle elles
vivent.
J'ouvre les portes du soir, suivez-moi, entrez dans le rêve. Ne m'en veuillez pas si ma mine est sombre et mes yeux sont ternes. Aujourd'hui je pleure, Leila
est morte. Tout a commencé il y a plus de deux ans alors que je nettoyais le petit Jésus dans son nid entre le boeuf et l'âne pour que la crèche soit prête la veille de la nuit des
fées. Elle est arrivée de Jakarta par le train sauvage afin d'enseigner aux jeunes Drugstars la chevauchée des champs de blé. C'était le soir, un soir doux et
frais, les ombres de l'O que formaient un anneau de baobabs s'allongeaient dans le parc. Anne et moi avons retrouvé Justine à l'heure dite pour l'accueillir. Mon regard
s'est perdu dans le sien d'un vert nuancé d'or.
Trois nuits par semaine je l'emmenais sur les toits du monde dans un secret que ses draps nous avaient promis de garder. Nous regardions de là haut, le crépuscule puis
l'aube.
Savoure le rouge
Me murmurait-elle au creux de l'oreille.
Soudain l'été dernier, Alice et June se sont retrouvées de l'autre côté du miroir. L'expédition pour les ramener s'est vite organisée. Nous nous sommes égarés elle et moi sur
la colline des roses, mais Gabrielle nous a surpris alors qu'elle se dirigeait vers une maison perdue dans laquelle s'étaient réfugiées les deux pestes. Elle fut discrète, mais
en découvrant ce genre de choses on ne tient pas sa langue éternellement. Il lui a fallu une confidente.
Je m'en souviens comme si seulement quelques minutes me séparaient des tragiques évènements. Le bonheur, le vrai, jamais ne dure bien longtemps. Ce sont les silences de Juliette et ses
regards en biais vers elle, puis moi, qui ont mis la puce à l'oreille de la jalouse.
Candy prend son fusil. Du haut du clocher je ne peux que la voir se diriger vers les écuries. Dans ma course effrénée pour essayer de prévenir le geste fatal j'entends la détonation et
les hénissements affolés des chevaux. Lorsque j'arrive il est trop tard. Votre regard est figé, votre visage pétrifié, le sang imbibe la paille. Le charme est rompu, en ressortant son arme
fumante à la main, Candy ne me voit déjà plus.
Je suis remonté sur mes toits, ermite invisible en quête d'impossible. D'ici mon amour j'ai vécu les plus mauvaises nuits, j'ai frissoné autant qu'un singe en hiver,
j'ai demandé à la lune le grand secret pour fabriquer la machine à rattraper le temps et pouvoir enfin mettre la main sur vous. Là voyez-vous, d'où vous êtes, rire de
moi?
Poursuivez votre visite chers visiteurs de ces biens tristes toits, et pardonnez les égarements du vieux fou que je suis devenu... D'ailleurs ne voyez vous pas que je retourne dans l'invisibilité
à laquelle je suis condamné alors que j'esquisse un pale sourire...
C'est vous qui le dites!