Mardi 26 janvier 2010 2 26 /01 /2010 00:00

William sortit du taxi en laissant suffisamment d'argent au chauffeur. Il avait voulu arriver le plus vite possible. C'était la fin de l'après midi, les rougeoiements du soleil formaient une beauté tragique au ciel chaotique. Lorsqu'il arriva à l'hôtel où dormait T. il se dirigea vers le bureau d'accueil ses papiers à la main, il les tendit vers l'infirmière qui lut les papiers attentivement. Ils étaient tout froissés, William les avait rempli dans le taxi. Elle soupira, et dans ce soupir William sentit toute la culpabilité empli ses veines. Il baissa la tête.

 

« C'est pour après-demain? »

 

Il acquiesça en silence.

 

« Ne vous en faites pas, c'est sans doute pour le mieux, après les évènements d'aujourd'hui son cerveau n'a pas été alimenté en oxygène pendant un moment, si jamais il se réveillait on ne sait pas quelles séquelles il aurait pu avoir. »

 

William ne releva pas la tête, cela ne le soulageait pas le moins du monde. Il sentit sa gorge se nouer. L'infirmière lui adressa un sourire sans joie en lui tendant une carte de visite.

 

« Les coordonnées de notre service de psychothérapie au cas où vous en auriez besoin. »

 

William saisit la carte et la remercia.

 

« Est-ce que... je… il... est dans sa chambre?

- Oui elle a été nettoyée. »

 

William bouscula sans s'en rendre compte un agent de police en uniforme. Il s'excusa d'une voix étranglée et continua son chemin vers la chambre. Il croisa deux autres policiers, un autre était assis sur une chaise à côté de la porte de la chambre de T. De l'autre côté, Nicolas était pale, ses yeux étaient rougis et gonflés, il se tordait nerveusement les doigts. Lorsqu'il aperçut William il esquissa le fantôme d'un sourire.

 

« Il a survécu... Les médecins pensent qu'il n'aura pas trop de séquelles... d'après eux je suis... »

 

Il détourna le regard.

 

« … intervenu assez tôt. »

 

Le noeud dans la gorge de William se serra un peu plus. Il n'avait pas le courage d'annoncer à son ami qu'il venait de remettre l'arrêt de mort de T. qu'il venait de signer.

 

« Toi ça va? »

 

Nicolas jeta un regard en biais ce policier assis à côté de lui.

 

« Je... je l'ai... tué... il n'avait aucun papier sur lui, personne ne sait pourquoi il voulait s'en prendre à Yann. »

 

Dans la tête de William les images du dossier qu'avait constitué Cécile revenaient par flash mais cela ne lui expliquait pas pourquoi non plus.

 

« Tu... tu as besoin d'un avocat? »

 

Nicolas secoua la tête.

 

« Aucune charge n'est retenue contre moi, c'est une sorte de légitime défense. J'ai fait une déposition et ils auront besoin de me recontacter pour l'enquête. Toi aussi sûrement. »

 

William hocha la tête puis il plongea les yeux dans ceux de Nicolas.

 

« Dis je sais que... ce n'est pas le moment mais... il s'est... passé quelque chose avec Cécile. Je... je n'ai pas envie de rentrer chez moi, de la voir, de lui parler. »

 

Avant qu'il n'ait eut le temps de dire que ce soit, Nicolas une serviette en papier d'une poche de son jean.

 

« Je suis chez un pote, dis lui que je rentre pas ce soir, que tu squattes mon lit de camp. C'est vers le Panthéon. »

 

Il se tourna vers le policier.

 

« Excusez-moi, vous auriez un stylo? »

 

L'homme fouilla dans ses poches avant de lui tendre un stylo à bille bleu. Nicolas s'appuya contre le mur et lui griffonna une adresse.

 

« Métro 10, Cardinal Lemoine. Je l'appelle pour lui dire que tu débarques. »

 

William fronça les sourcils.

 

« Mais... et toi? »

 

Nicolas désigna la porte avec son menton.

 

« Ils m'autorisent à passer la nuit ici, à son chevet. »

 

Il mit la serviette en papier dans les mains de William.

 

« Me... merci Nicolas. »

 

Nicolas sourit en coin.

 

« Je vais me griller une clope, j'en au vraiment besoin là. »

 

William regarda Nicolas s'éloigner, c'est à cet instant qu'il remarqua qu'il était pieds nus. Lorsqu'il disparut de son champ de vision, William entra dans la chambre et se rendit compte que rien n'avait vraiment changé. Le corps de T. toujours inconscient, raccordé à ses appareillages et à ses perfusions. Aucune trace nulle part de ce qui avait pu se passer. Il ressortit presque tout de suite sans dire un mot. En passant la porte il sentit un frisson glacé le secouer, il en eut presque un haut-le-corps. Il ne se doutait absolument pas qu'au moment où il était sorti un Ankou avait traversé son corps pour entrer dans la chambre.

 

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