Samedi 22 avril 2000_ 09h30_ Chambre d’Olivier.

 

Olivier était réveillé depuis un bon quart d’heure maintenant. Il passa voir si ses parents avaient été cherché le courrier, il fut surpris de trouver une lettre non timbrée et surtout à son nom. Il déchira l’enveloppe vivement tout en remontant. Lorsqu’il lu la lettre il était assis en tailleur sur son lit.

 

 

 

 

 

 

Dossier médical de James Emmanuel Dante, suivi par le Dr T. Morrel, Docteur en Psychiatrie à l’Hôpital de Navarre.

 

Lettre communiquée à Olivier Denain.

 

Le 19 avril 2000

 

Je ne sais pas trop comment commencer cette lettre, Olivier tu dois te demander ce qui arrive. Où cela me mène, je n’en sais rien, à ma mort. Cette histoire existe pour toi, pour les autres, pour moi. Une histoire, quelle histoire ? Celle qui vient de se terminer par ma mort, mais qui n’est pas finie. A l’heure qu’il est je suis pleinement conscient de ce que j’écris, c’est pour cela que ce n’est pas dans mon journal. Cette histoire n’est que pure invention de mon imagination, formée par mon esprit malade en manque d’affection et de confiance, cette histoire n’en est pas moins réelle, je ne sais pas par quels biais elle a pris forme, mais elle m’a dépassée. Cette histoire concerne les Orbes, les Moires qui ne sont pas de pures inventions de mon esprit. Mon imagination est-elle l’instrument de ces puissances ou d’une puissance qui leur est supérieure et qu’elles ne soupçonnent pas ? J’aimerais savoir où et quand tout cela a commencé, peut-être que je suis le seul à connaître ma réponse. Je t’ai embarqué toi et les autres dans un monde qui me projetait au centre de tout. Ce n’est pas ce que je cherchais, mais c’est le résultat, la trame est réelle, je le sais. Elle existe maintenant quelque part. C’est que finalement mon égocentrisme et mon égoïsme sont prépondérants, même inconsciemment je me suis projeté au centre de cette histoire.

Mais si tu lis ces lignes c’est que je suis mort. A bien regarder ma fin n’est pas définitive, mais je vais avoir besoin de vous pour venir me repêcher. Je dois réussir. Je dois revenir, ce n’est pas fini et la route est encore longue jusqu’à la Grande Alliance, jusqu’à la connaissance de cet être complexe que je constitue. Je n’en ai pas fini avec Vladislas, avec mon père, ni avec toi Olivier. Il faut que toi, Frédéric et les autres vous puissiez me ramener de cette étape qu’est la mort. J’ai bien réussi à vous entraîner dans ce monde là, à vous faire vivre ça, vous devriez être capable de m’y retrouver.

J’ai écrit cette lettre dans le bureau du Dr Morrel, parfaitement conscient de ce que cela provoquera chez vous. Les deux réalités existent et j’ai, je ne sais comment, amené l’une dans l’autre. Au revoir, à bientôt.

Jim Dante

 

Olivier n’arrivait plus à détacher ses yeux de cette lettre, il ne comprenait pas, c’était comme irréel, cette lettre ne pouvait pas être en ce moment dans ses mains. Malheureusement pour lui la sonnerie du téléphone allait lui prouver à quel point la réalité pouvait être dure.

« Allo ?

- Je m’adresse bien à Olivier Denain ? »

La voix qui venait de se faire entendre semblait nerveuse et bouleversée.

« Oui, qui êtes vous ?

- Le père de Jim Dante. J’ai trouvé votre numéro dans son agenda. »

Olivier ne savait pas quoi dire, il ne comprenait pas pourquoi M. Dante l’appelait.

« Vous êtes toujours là ?

- Oui, je…

- Jim est mort cette nuit, il s’est suicidé. »

M. Dante avait dit ça très vite pour être sûr de pouvoir finir la phrase, sa voix avait faibli à la fin. Olivier ne comprenait pas, Jim avait triomphé de Valentin la veille et était en pleine forme…

« C’est impossible je… »

… et puis il était resté seul pour réfléchir.

« L’enterrement a lieu cet après-midi. Je sais que vous étiez un de ses amis les plus proches, j’aurais aimé que vous disiez quelque chose tout à l’heure. Pouvez-vous prévenir ses amis ?

- Je… Oui.

- Merci, je …

- C’est naturel… »

Olivier resta assis au bout de son lit sans bouger pendant plusieurs minutes, il ne comprenait pas. Un nœud se forma dans son ventre et des larmes lui montaient au visage. Un suicide. Ce n’était pas possible ! Et pourquoi l’enterrement avait lieu aussi vite ? Il devait prévenir les autres. Elvina, elle n’était pas là hier soir, il devait la prévenir… Ce serait sûrement le plus pénible. Il reprit son portable et composa le numéro de Frédéric.

Jeudi 5 avril 2007
par James Emmanuel Dante publié dans : La Lune Bleue, Cercle Premier: Le Flux Sombre
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