Echec dans la localisation
Heure inconnue
Théo s’était relevé et avait laissé le pantin à son effigie derrière lui. Il devait continuer sa route. La chaleur était toujours aussi accablante. Il trébucha et s’affala dans le sable. Il considéra un instant de rester là, de mourir. Une étrange pensée lui vint alors. Peut-être était-il déjà mort et qu’il était dans son enfer. Il payait enfin pour tout ce qu’il avait pu faire, meurtres, mensonges, trahisons, Nathan.
Il se releva, mais quelque chose saisit sa cheville et le refit basculer, il tomba la tête la première dans le sable. Instinctivement il porta sa main au couteau qu’il avait trouvé et se retourna pour faire face à son assaillant. Un homme, se tenait au dessus de lui, il ne pouvait l’apercevoir qu’en contre-jour. Mais sa corpulence, son allure, sa morphologie, il avait déjà vu cet homme quelque part. Cependant ça ne pouvait pas être le cas, s’il avait déjà vu cet homme il se souviendrait de lui et des circonstances de leur rencontre, sa mémoire ne lui avait jamais fait défaut jusque là, et ne devait pas le trahir. L’homme s’abaissa vers lui. Les traits du visage de son adversaire se dessinèrent alors clairement. Théo essaya de ne pas montrer sa surprise, mais il échoua. Ses yeux s’écarquillèrent. Ce visage qui se penchait vers lui était quasiment trait pour trait le sien. Mais le pli de son sourire, la lueur dans ses yeux, son expression, tout exprimait la cruauté. Il y avait quelque chose de terriblement malsain dans ce double. Il ne devait pas chercher à comprendre, pas maintenant. Il se redressa en plantant son couteau dans l’abdomen de son double. Celui-ci fut surpris, mais son sourire s’élargit et il se lécha les lèvres. Sans que Théo n’ait eu le temps de réagir il bloqua Théo au sol. Le sang de son double coulait sur son corps.
Théo s’était attendu à affronter un adversaire de sa force. Il avait tort, son double était beaucoup plus puissant, et le força à lâcher son couteau. Le visage du double s’approcha dangereusement de celui de Théo. Il appuyait sur ses épaules et plus particulièrement sur celle qui était couverte de cet étrange hématome. Le double lécha à nouveau ses lèvres avant de lécher la joue de Théo qui réprima un haut le cœur.
- Sais-tu ce qu’il y a de remarquable Théo ? C’est que pour la première fois quelqu’un a ouvert la porte, j’ai essayé pendant des
années de la forcer, de la défoncer, mais aujourd’hui quelqu’un l’a ouverte et je ne suis plus ton prisonnier désormais.
Sa voix aussi était plus dure, plus cruelle que celle de Théo.
- Et crois-moi je ne me laisserai pas enfermer à nouveau, j’ai attendu ce moment depuis bien trop longtemps, alors à partir de
maintenant et jusqu’à la fin de tes jours, ce sera toi le captif, le spectateur.
Il plongea la bouche ouverte vers la joue qu’il venait de lécher, mais Théo tourna la tête. Et il ne mordit que du sable. Théo sourit à son tour, son double était peut-être plus fort, mais pour l’instant il ne semblait pas beaucoup plus malin que lui. L’entrejambe du double était situé juste au dessus des genoux de Théo qui n’étaient pas immobilisés. Il n’hésita pas un seul instant pour les percuter avec toute la force qu’il avait avant de jeter son double sur le côté et de saisir son couteau imbibé de sang sur lequel des grains de sable s’étaient agglomérés.
- Ecoute moi bien bonhomme, j’ai aucune idée de ce que veut dire tout ton charabia, tout ce que je sais c’est que tu risques de finir
tes jours ici.
Théo plongea à nouveau sa lame dans le corps de son double mais cette fois-ci dans sa gorge. Le sang bouillonna et il entendit d’étrange gargouillis avant que l’autre ne meure. Il avait tué, une fois de plus, mais cela rentrait dans le cadre de la promesse qu’il avait faite à Nathan après sa mort, si sa vie était vraiment menacée et qu’il ne trouvait pas d’autres solutions, il devait pouvoir tuer. Il ferma les yeux. Le sang abreuvait le sable. Il se releva et continua à marcher, étrangement cette confrontation lui avait redonné des forces. Quand il serait en lieu sûr il commencerait à réfléchir à ce qu’il venait de vivre.
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