14h30_ Cimetière d’Evreux.
« Jim était un adolescent difficile et notre relation était plus que conflictuelle, il avait quitté notre foyer après sa première tentative de suicide et se faisait suivre par un psychiatre à l’Hôpital de Navarre. Il a plusieurs fois perdu le contrôle notamment pendant un cours d’Histoire. Il aimait écrire et je l’aimais, malgré ce qu’il pouvait en penser, mon seul tort aura peut-être été de ne jamais lui avoir dit. »
M. Dante regagna sa place auprès de sa femme et de sa fille qui étaient toutes les deux en larmes. Olivier s’avança alors près de la tombe fraîchement creusée de Jim.
« Malgré tout ce que tout le monde peut penser ici, Jim n’était pas que ce petit adolescent dépressif et soi disant difficile que vous avez pu voir ou que l’on a pu découvrir. Jim aurait détesté cette cérémonie parce que, bien que baptisé et ayant fait sa communion par obligation sociale je dirais, il n’était plus croyant. C’est pourquoi, pour lui rendre hommage, je ne serai pas à la messe qui sera donnée. Je suis ici devant cette tombe parce que M. Dante m’a demandé de vous adresser quelques mots. Il avoue que je connais plus son fils que lui. Son fils était quelqu’un qui bien qu’en filière scientifique adorait les matières littéraires. Ce qui a valu à M. Caspi quelques reproches et une scène il est vrai assez humiliante parce que d’après Jim, et il n’avait pas tort, il massacrait sa matière. Il avait aussi un imaginaire très développé et s’était inscrit à l’atelier d’écriture. L’exercice en anglais proposé par Mrs. Nightingale l’a lancé pour écrire son premier roman dont il n’a eu le temps que d’écrire le prologue, je le lirai en guise de conclusion. Jim, malgré son humeur mélancolique c’était aussi quelqu’un d’adorable qui, en dépit de tous les préjugés qu’on pouvait lui appliquer, était prêt à aider beaucoup de monde. Peut être trop. Il s’est jeté à corps perdu dans l’aide qu’il pouvait nous apporter et qu’il pouvait apporter à ce monde parce qu’il souffrait d’un manque. Tout ce qu’il recherchait n’était que de l’affection, pourquoi, ce n’est pas à moi de vous apporter la réponse. Il avait besoin de l’affection des autres, de leur reconnaissance, et de leur confiance. Il a toujours eu besoin de la confiance des autres pour augmenter sa confiance en lui. Parce qu’il n’avait pas confiance en lui. Contrairement à ce que beaucoup de gens pensent ici, je pense que Jim ne s’est pas suicidé même si je n’ai aucune idée des causes de sa mort. J’étais avec lui, Frédéric, Elodie et Eileen quelques heures avant sa mort et il ne donnait aucun signe de mélancolie, il venait de se tuer à la tâche, pardonnez moi l’expression, pour nous rendre à tous un service énorme, nous sommes aujourd’hui très peu à en être conscients. Je ne pensais par contre pas qu’il y aurait autant de monde. »
Olivier regarda alors l’assistance. Le père de Jim avec sa femme et sa fille, Gabriel, Eileen, Frédéric, Elodie, Eileen, Johann, Mathieu, un groupe d’agents de L’Organisme, parmi lesquels Mrs. Nightingale et Elvina. Il sortit de sa poche une feuille de papier sur laquelle étaient manuscrits les mots de Jim.
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