Jeudi 06 octobre 2005
Désert du Sahara (Tchad)
09h04 (07h04 GMT)
Théo recommençait à prendre conscience de son corps, la chaleur environnante se diffusait lentement sous sa peau. Il était allongé dans une position confortable, sur le ventre, sa tête reposant sur ses bras croisés sous sa tête. Ses doigts se promenèrent dans le sable, le laissant glisser, une plage de sable fin. Il se sentait reposé et ne voulait pas ouvrir les yeux, comme s'il avait particulièrement bien dormi et qu'il pouvait encore prolonger le plaisir. Des doigts bruns passèrent dans ses cheveux, et descendirent jusque dans sa nuque. Un frisson de bien être se propagea dans ses muscles. Alors qu'il se tournait pour se mettre sur le côté, des bras bronzés, presque ambrés, et musclés l'étreignirent. Toujours les yeux fermés, il prononça un mot, comme un murmure.
« Nathan. »
Le sable autour de lui se fit plus violent. Les sons qu’il entendait étaient assourdissants. Lorsqu’il ouvrit il vit un hélicoptère noir en train de se poser, source des mouvements violents du sable dans l’air et du bruit. Nathan n’était pas là bien sur. Une fois posés deux hommes en tenue militaire de camouflage avançaient leurs mitraillettes pointées sur lui. Théo se releva. Il était habillé d’une tunique blanche et d’un pantalon de la même couleur. Lorsqu’il tenta de lever les bras pour montrer qu’il n’était pas armé, il sentit la douleur dans son épaule droite et grimaça. Les deux hommes ne baissèrent pas pour autant leurs armes, ils continuèrent à avancer le visage sombre.
« Je suis un citoyen français. »
Les hommes n’en firent rien.
« J’exige d’avoir un contact avec le consulat ou l’ambassade de France le plus proche. »
Un homme se plaça derrière lui et lui rabattit violemment les mains dans le dos avant de les ligoter avec un collier de serrage. La douleur dans son épaule se fit plus violente et contracta sa mâchoire pour ne montrer aucun signe de faiblesse.
« Nous savons qui vous êtes agent Tabrysse. Selon la directive EU 13268_25125 vous êtes en état d’arrestation. »
Sur le visage de Théo, l’incompréhension se lisait. Ces hommes étaient des agents d’Europol, pourquoi l’arrêtaient-ils ? Si une part de lui était soulagée, une autre se demandait pourquoi il était traité comme un terroriste.
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