Nicolas somnolait à sa place dans le TGV qui l’emmenait à Paris quand un bébé se mit à hurler. Si un extra-terrestre se posait sur notre planète et voyait ce petit être si mignon, si inoffensif, il ne pourrait pas se douter qu’il s’agissait en fait d’une arme de destruction auditive.
Nicolas ayant repris connaissance, sa tête cessa le mouvement de balancier dans lequel elle s’était installée. Il essuya du revers de sa manche le filet de bave qui avait commencé à couler sur les poils courts de sa barbe. Sachant que le bébé crierait sans doute pendant le reste du trajet, il chercha son iPod dans une des poches de son jean. Ses doigts percutèrent une boule de papier froissé. Il la sortit et tenta de l’aplatir à nouveau sur la tablette devant lui. Une pensée lui frappa l’esprit. Heureusement, les esprits résistent en général très bien à ce genre de chocs. Il avait vomi, il avait froissé la lettre mais il ne l’avait pas jetée. Il avait gardé la lettre qui ne pouvait pas avoir été écrite par T. puisqu’elle avait été postée après la nuit de l’accident. Il avait laissé les deux autres lettres sur son bureau à Cluny mais il avait gardée celle-ci.
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