Paris, le 29 septembre 20..

Cher I.,

Je ne sais pas si je fais bien de vous écrire, je ne sais pas s'il serait raisonnable de vous revoir. Comme vous l'avez sans doute deviné, je n'insulterai pas votre intelligence, j'ai justifié mon absence de la semaine dernière par une excuse ridicule. J'espère que vous pourrez m'excuser. La vérité c'est que la blessure est plus profonde que je ne l'imaginais. La vérité c'est que je suis terrorisé à l'idée de vous revoir. Toute la semaine qui a précédé le week-end dernier je n'ai pas dormi parce que tout se déroule comme la dernière fois, que je reste planté au milieu de la rue.

Je ne vous en veux pas, cette blessure vous n'en êtes pas responsable, je crois qu'il n'y a pas de responsable à ma monstruosité, ce vide en moi qui ne fais que progresser. Vous m'avez juste rappelé qui j'étais, que j'étais celui qui s'attache trop vite mais auquel on ne s'attache pas, cette espèce d'étrangeté dont on finir par avoir trop honte. Je préfère ne pas me faire d'illusion, je ne vous mérite pas et finirai par vous blesser.

Il vaut mieux que vous m'oubliez, que vous oubliez le triste et faible reflet de moi-même que je suis devenu. Souvenez-vous plutôt de l'être lumineux et enjoué que j'étais lorsque nous nous sommes rencontrés, souvenez-vous de ce masque, de cette illusion, oubliez les ténèbres qui se débattaient sous la pellicule de lumière. Après tout cette illusion était notre réalité pendant un temps.

Dans deux mois je pars en Allemagne, je sais comment l'amitié à tendance à s'effilocher avec le temps et la distance, cela ne m'est déjà que trop arrivé. Le combat est perdu d'avance. Peut-être nous reverrons nous un jour, par la force des choses. Nous changerons alors peut-être de trottoir pour nous éviter l'embarras fatal des gens qui se sont connus mais qui n'ont plus rien à se dire parce qu'ils ne se connaissent plus et ont du mal à remettre un nom sur un visage.

J'écris cette lettre parce qu'il ne faut plus nous voiler la face, qu'il vaut mieux souffrir maintenant et couper le lien entre nous tout de suite plutôt que d'idéaliser ce qui n'était qu'un accident. Je vous embrasse une dernière fois.

T.
Mardi 8 janvier 2008
par Jim Dante publié dans : 100: La Blessure et le Poignard
ajouter un commentaire recommander commentaires (3)   

Pages

Présentation

Publicité

C'est vous qui le dites!

Soundtrack

free music

The other side of this life

Syndication

  • Feed RSS 2.0
  • Feed ATOM 1.0
  • Feed RSS 2.0
renouvellement nom de domaine sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus