Découvrez Richard Gibbs!
Là aussi vous connaissez, il vous faudra commencer et terminer votre article avec les deux phrases extraites de "Cellulaire" de Stephen King
Début :
La civilisation sombra pour la seconde fois dans l'âge des ténèbres non seulement en s'accompagnant d'un bain de sang comme on pouvait s'y attendre, mais à une vitesse que même les plus pessimistes des futurologues n'avaient pu prévoir.
Fin :
Au moins, nous, on a fait quelque chose, avait dit Alice Maxwell.
- La civilisation sombra pour la seconde fois dans l’âge des ténèbres non seulement en s’accompagnant d’un bain de sang comme on pouvait s’y attendre, mais à une vitesse que mes les plus pessimistes des futurologues n’avaient pu prévoir.
Derek frissonna en prononçant cette phrase. Ils l’écoutaient les yeux grands ouverts. Lui ferma les siens et il vit… Il vit ce qu’il était en train de leur raconter… Il se souvenait… Les hurlements, le fracas, les rivières d’hémoglobine dans la rue… Et puis il vit son visage… Le visage fin, le regard sérieux, parfois buté, le pli ferme de sa bouche, ses mèches blondes qui voletaient… Revoir le visage d’Alice était quelque chose qui réveillait en Derek honte, regrets et douleur.
Lorsqu’il rouvrit les yeux ils étaient encore là. A quoi servait de faire une leçon d’Histoire? Qu’ils la connaissent ou non, tôt ou tard cela recommencerait. Il se mordit la joue. Ne pas sombrer. Pouvait-on encore espérer ? Il avait étudié l’Histoire avant le second âge des ténèbres et ce qui l’avait précipité… Folie des hommes, monstres de cruauté en quête de supériorité… Si l’on y réfléchissait bien, ce n’était pas vraiment la cruauté de l’homme qui s’intensifiait. Ce qui intensifiait l’horreur étaient les améliorations technologiques et l’utilisation que l’humanité cruelle, avide de conquérir, avide de se laisser guider, avide de ne plus penser, en faisait.
Ne pas se laisser sombrer. Il ne fallait pas qu’il abandonne. Il plongea alors ses yeux dans le regard de chaque enfant qui l’écoutait au milieu des décombres de béton. Combien d’entre eux seraient avides de ne pas penser, combien d’entre eux feraient le choix de réfléchir, combien d’entre eux seraient des tyrans capables de manipuler les masses…
Ce qu’il faisait là, enseigner le passé, était illégal. Le Directoire qui avait été mis en place après la fin des carnages avait remis à zéro les calendriers, voulait rebâtir une humanité vierge de toute faute, de tout carnage, faisant le choix de nier ces champs de ruines qui scarifiaient la surface de la planète aux yeux des nouvelles générations, curieuses… Si quelqu’un le trouvait en pleine leçon il serait exécuté sans autre forme de procès. Egorgé comme un porc. Les enfants qui constituaient sa classe le suivaient partout, ils n’avaient personne d’autre.
Le visage d’Alice revenait. Une des petites filles avait presque le même regard que la jeune femme. La naïveté en plus. Alice s’étaient engagée dans la rébellion contre les hordes de barbares maniant la technologie sous prétextes qu’ils étaient civilisés et évolués. Derek avait grandi avec elle, avait été étudiant en philosophie pendant qu’elle suivait des cours de médecine. Et puis… et puis tout avait dérapé. Elle avait pris les armes, et lui… lui avait juste essayé de survivre.
La dernière fois qu’il l’avait vue elle faisait partie d’une rafle de rebelles. Ils avaient tous été capturés. Il avait vu son visage amaigri, durci. Les murmures autour de lui qui insultaient Alice. Il était resté figé sans faire le moindre geste. Le visage de Derek accablé. Elle avait relevé la tête, après les coups, fière. Elle a plongé son regard dans le sien. Se moquant de la tristesse qui se peignait sur le visage de son ami d’enfance.
- Ca ne sert à rien d’être triste tu sais. Au moins, nous on a fait quelque chose, avait dit Alice Maxwell.
ajouter un commentaire recommander commentaires (6)




C'est vous qui le dites!