Le dernier RER. Tard la nuit. William avait erré dans Paris toute la soirée, avait mangé dans l’une des franchises d’une fameuse chaîne de restauration rapide internationale puis s’était enfermé dans un cinéma pour y regarder une comédie. Il avait besoin de rire, d’oublier pourquoi il perdait sciemment son temps dans cette salle obscure. La magie avait opéré. Il avait ri de bon cœur. Il avait même, une fois n’est pas coutume, attendu jusqu’à la fin du générique de fin. C’était une vieille habitude de T. Lorsqu’il était ressorti la nuit était déjà tombée. Il s’était alors dirigé vers une station de métro. Rame vide. Silence et solitude sereine. Correspondance. Prendre le dernier RER. Rame vide. Silence et solitude sereine.
Il marchait maintenant dans la nuit, dans les rues de Rueil-Malmaison. Le vent frais sur son visage. Il se retrouva sans vraiment s’en rendre compte devant la porte en bas de son immeuble. Il soupira, sortit la clé, la tourna dans la serrure et poussa la porte. Monter les escaliers. Ouvrir la porte de l’appartement et la refermer derrière lui. Toutes les lumières étaient éteintes. Aller dans la salle de bain. Se brosser les dents. Se déshabiller. Mettre le caleçon qu’il porterait cette nuit. Sortir de la salle de bain. Entrer dans la chambre. Il attendit un moment, écoutant la respiration de Cécile. Elle dormait profondément. Il se glissa entre les draps de son côté du lit. Le sommeil ne vint pas tout de suite. Il fixait le plafond plongé dans l’obscurité, essayant de respirer au même rythme qu’elle.
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